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**La grande distribution face à la tempête :** alors que les ventes de carburant plongent de 20% chez Les Mousquetaires, le patron du groupe, Thierry Cotillard, se défend de profiter de la situation pour gonfler les prix. **Le carburant, un produit d’appel avec une marge de seulement 3 à 4 centimes**, est-il vraiment un moyen de faire des bénéfices pour les distributeurs ?
L’essentiel en bref
- Les ventes de carburant chez Les Mousquetaires ont chuté de 20% depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
- Le carburant est vendu avec une marge de seulement 3 à 4 centimes, selon Thierry Cotillard.
- Le gouvernement a annoncé 70 millions d’euros d’aides ciblées pour les secteurs les plus vulnérables, mais la question d’une baisse des taxes pourrait revenir.
- L’inflation alimentaire devrait être contenue cette année, avec une stabilité ou une légère inflation de 0 à 1%.
La grande distribution sous pression
Thierry Cotillard, le président du groupement Les Mousquetaires, a défendu la grande distribution contre les accusations de profiter du conflit au Moyen-Orient pour relever les prix des carburants. « C’est un mauvais procès », a-t-il déclaré. Selon lui, le carburant est un produit d’appel qui permet de drainer les clients dans les stations, mais qui ne génère pas de bénéfices importants pour les distributeurs.
Les chiffres qui parlent
Les chiffres sont éloquents : les stations Intermarché vendent actuellement le gasoil à 2,20 euros le litre et l’essence à 2,01 euros, soit une hausse de 47 centimes depuis le début de la guerre en Iran. Mais Thierry Cotillard assure que la marge est mince, de l’ordre de 3 à 4 centimes. « Beaucoup d’Intermarché aujourd’hui travaillent à prix coûtant », a-t-il ajouté.
« On a toujours fonctionné avec 3-4 centimes (de marge). Beaucoup d’Intermarché aujourd’hui travaillent à prix coûtant. »
La réponse du gouvernement
Le gouvernement a annoncé 70 millions d’euros d’aides ciblées pour les secteurs les plus vulnérables, mais Thierry Cotillard estime que cela ne suffira pas. « Je pense que ça ne suffit pas. 70 millions, ce ne sera pas assez », a-t-il déclaré. La question d’une baisse des taxes pourrait revenir, même si l’État « n’en a pas les moyens », selon le dirigeant.
L’inflation alimentaire contenue
Mais il y a une consolation pour les consommateurs : l’inflation alimentaire devrait être contenue cette année. « L’inflation qui arrive, c’est celle qu’on a obtenue des négociations avec les industriels. Il y aura une stabilité ou une légère inflation, entre 0 et 1% », a indiqué Thierry Cotillard. De plus, 1.500 produits vont voir leurs tarifs baisser de « 5 à 15% » dans les Intermarché, ce qui devrait compenser en partie la hausse des prix des carburants.
Les consommateurs sont déjà en train de s’adapter à la situation, en faisant des achats de précaution pour limiter leurs déplacements. « Sur les pâtes on fait +7%, la purée +18%, le riz aussi », a déclaré Thierry Cotillard, notant un « phénomène de stockage » qui ne révèle pas une crainte de pénurie, mais une volonté de limiter les déplacements. Et cela se ressent sur les ventes de carburants : « Les 4 premiers jours (du conflit), on a fait l’équivalent de 10 jours de vente, mais depuis quinze jours on fait -20% en volume dans les stations Intermarché », a conclu Thierry Cotillard.
Pour en savoir plus sur la situation actuelle et les mesures prises par le gouvernement, vous pouvez consulter notre article sur les aides gouvernementales pour les secteurs vulnérables. Vous pouvez également suivre nos actualités sur l’évolution des prix des carburants et les prévisions d’inflation pour rester informé sur la situation économique actuelle.